samedi 3 mars 2012

ULSA Laguna

Chaque matin, de 7h à 11h, je fais cours à la ULSA (Universidad de La Salle).
Il s'agit d'une université coûteuse privée jouissant d'une excellente réputation.
Jusqu'à présent, les étudiants n'étaient pas tenus d'apprendre une langue étrangère. Pas même l'anglais. C'était une option, au même titre que le sport par exemple. La situation a changé au début du semestre (janvier) : tous les étudiants sont désormais obligés d'apprendre une langue étrangère. Ils n'ont qu'à acheter les manuels ; les frais de scolarité n'ont pas augmenté malgré cette matière supplémentaire.
C'est donc un programme nouveau, un peu expérimental, qui m'a ouvert les portes de la ULSA.

Je me retrouve au sein d'une équipe de profs de langues dynamique et ma foi fort sympathique. En tout, nous sommes 10 : 
- Mario, le responsable du département langues (botaniste de formation, multilingue et ex-prof de français à l'Alliance)
- 4 profs d'anglais (deux Mexicain(e)s, un Britannique et une Américaine)
Jose Luis, troisième à gauche
Russel, à droite. So British!
- Raniero le prof d'italien,
Faisant la fête avec ses élèves
- Astrid la prof d'allemand,
La plus à gauche sur le banc
- Sadaharu le prof de japonais,
Je vous laisse deviner lequel c'est !
- Benoît et moi (Lorraine power!!), les deux Français blasés et toujours un peu en grognons quand il s'agit de faire des heures sup.

Chaque matin après les cours, donc à 11h, nous nous retrouvons en salle des profs de langues pour boire un café et se raconter quelques anecdotes de cours.
Raniero, Astrid et Benoît (assis de dos)
Sada en plein travail !
Dans leur immense majorité, les étudiants sont très agréables. Motivés, dynamiques, intéressés. Enfin, je vous rassure, il y a aussi quelques éléments perturbateurs !
Mais ce qui rend les cours particulièrement chouettes, c'est tout simplement l'université elle-même. 

Des bâtiments de brique assez banals mais dont les couloirs et escaliers sont entièrement ouverts sur l'extérieur. 



Une cour-jardin où il fait bon prendre le soleil et un café.


Un grand espace ouvert - la esplanada - où on peut se réunir pour travailler, discuter, manger un morceau et où sont organisés les événements universitaires... 
Un coin de la esplanada en temps normal
La esplanada pleine de monde le jour de la "Feria multicultural"
Le café de la esplanada

Une cafétéria de la taille d'un restau U.

Des profs triés sur le volet (tous les profs de langue sont des natifs, ce qui est quand même assez rare).
  
Point de cloche ni de sonnerie stridente mais de la musique pour annoncer l'intercours. Il nous a d'ailleurs été dit/conseillé/demandé d'apporter notre propre musique, afin que les étudiants entendent un peu ce qui se fait dans les pays dont ils étudient la langue. J'y pense et vais sans doute très bientôt apporter ma clé USB à Hector, le responsable informatique !

Pas de feuille de présence pour les profs mais des lecteurs d'empreinte digitale postés à l'entrée.
On met son index sur le truc vert et une voix nous annonce "acceso correcto"

Cinq salles informatiques de 20 ordinateurs chacune, dont deux salles équipées de Mac.

Ils sont mignons mes étudiants quand ils font semblant de travailler, non ?
Un centro de impresión équipé d'un ordinateur portable sur lequel on peut brancher sa clé USB pour imprimer son document. Bon, il faut être clair, les deux ou trois jeunes qui s'occupent du centro de impresión ne sont pas des lumières. Disons qu'ils fonctionnent en binaire mais sans le 1...

Des écrans à chaque endroit stratégique du campus pour tenir élèves et profs informés du programme de des jours à venir (je persiste cependant à penser que personne ne les regarde.)

Un centro informatico qui gère le planning des salles informatiques et les informations des écrans de télé. Pour toute demande, il suffit d'aller voir Hector, lui demander d'écrire quelque chose à l'écran, lui donner une clé usb pour qu'il passe notre musique à l'intercours, etc.

A la tête de tout ce beau monde, el rector de la ULSA, un petit homme souriant (c'est un peu notre François Hollande local) que nous surnommons le bonsaï en raison d'une métaphore foireuse lors du discours de début du semestre. Il est présent chaque matin à l'entrée de la fac pour dire bonjour aux étudiants et aux profs, est toujours d'accord pour l'organisation d'événements et semble vraiment concerné par le développement et la promotion de son établissement.
Combien d'entre nous ont une photo souvenir avec le président de la fac ?
Ici, il pose avec un de mes étudiants, Omar.


Chaque prof de langue a une salle attitrée, avec un beau drapeau à côté de la porte d'entrée. 
La mienne est la A-10, qui sera bientôt nommée "salle Versailles" parait-il... Manquent quelques kilos de feuilles d'or pour que ça soit ressemblant mais enfin...

Chaque salle est équipée d'un écran sur lequel on peut brancher une clé USB, ce qui évite des centaines
de photocopies et rend les exercices moins chiants plus ludiques :)

Là c'était avant que j'accroche des posters et mette un peu de déco.


Et voilà, la ULSA, c'est un petit monde en soi. Et je suis contente d'en faire partie !
"Yo ya soy De La Salle"

mercredi 29 février 2012

Vivement l´été...

Nous sommes le 29 février 2012, il est 16h.
Il fait 34ºC.

vendredi 24 février 2012

El día de la bandera

Chaque 24 février depuis 1937, sur une idée de l'ancien président Lázaro Cárdenas, le Mexique célèbre El día de la bandera (la fête du drapeau).
Ce jour se veut représentatif de la fierté que les Mexicains ressentent pour leur drapeau.

Traditionnellement, les familles se réunissent, des parades sont organisées ainsi que des sortes de concours où il faut proposer une idée originale à partir du drapeau.

Cependant, je ne suis pas certaine que cela soit toujours d'actualité : la plupart de mes étudiants ne savaient même pas que c'était aujourd'hui...


[A suivre : un article sur le drapeau mexicain, son histoire et sa signification]

jeudi 23 février 2012

El Cristo de la Noas

Visible depuis chaque carrefour de Torreón, depuis les immeubles de Gómez Palacio et bien d'autres endroits, une statue gigantesque du Christ surplombe la Comarca Lagunera.

El Cristo de la Noas - d'après le nom de la colline sur laquelle il se trouve - est le plus grand d'Amérique du nord et le troisième plus grand d'Amérique latine, après celui de Rio et celui de Cochabamba en Bolivie.
Il mesure 21,80 mètres de haut (je ne comprendrai jamais pourquoi les architectes sont incapables de faire des constructions en chiffres ronds...) et est fait de 580 tonnes de béton renforcé. Oui, je sais, ça fait rêver présenté comme ça !
Un projet de téléphérique n'a jamais vu le jour, on arrive donc par la route à droite.

Voir Jésus nous tendre les bras comme ça à chaque coin de rue donne forcément des envies de hauteurs. Mais quand on a le malheur de dire qu'on irait bien au Cristo, tout le monde se récrit : "Quoi, mais tu vas pas aller là-bas, c'est la zone dangereuse de la ville, c'est là que se trouvent tous les types des gangs de drogue et tout, c'est hyper dangereux."
Et s'ensuivent moult anecdotes sympathiques sur je-ne-sais-qui dont on n'a jamais plus entendu parler après sa visite au Cristo et dont la tête a fini par être retrouvée au milieu du désert.
Tout cela étant bien entendu des histoires répétées mille fois et déformées un peu plus par chaque narrateur.

Mon coloc Luc et moi étant tous deux aussi fraîchement arrivés que foncièrement bornés, nous avons décidé, dimanche dernier, d'aller serrer la paluche à l'ami Jésus. Après maintes réflexions, je me suis dit que le dimanche était le jour idéal puisque - aucune commentaire sur mon imagination débordante - les gros bonnets des cartels sont en général bien propres sur eux, et profitent du jour du seigneur pour aller à la messe puis déjeuner chez grand-maman. Donc a priori, le dimanche, on ne tire sur personne.

Que mes déductions aient été correctes ou qu'il s'agisse d'un pur hasard, je peux vous assurer que tout s'est très bien passé et qu'il n'y avait pas l'ombre d'un gangster en haut de la colline. Bien au contraire, plusieurs familles faisaient leur sortie dominicale avec les enfants et les grands-parents.

De là-haut, la statue est encore plus soviétiquement laide que prévu, mais la vue compense largement la présence d'antennes satellites sur le crâne du Christ.

Bon certes, on a vue sur Torreón donc c'est pas non plus le paysage le plus incroyable de la planète, mais c'est quand même impressionnant.

Alors, ça vaut la balade, non ?

samedi 18 février 2012

Gloria

Le journal local, ici, c'est El Siglo de Torreón
Tout le monde l'achète, tout le monde le lit, tout le monde en parle.

Alors du coup, nous aussi, le dimanche, on lit El Siglo.
Et parfois, on a une surprise dans le supplément La guía escolar :

Double-page publicitaire pour la ULSA, l'université où j'enseigne...

...avec mon nom dans la liste des profs !!