dimanche 15 janvier 2012

La Laguna

Si vous vous souvenez de mes articles indiens, Hyderabad formait, avec Secunderabad, les Twin Cities. Deux villes en une.
Cette fois, je progresse : trois villes en une ! 
Je m'explique...

Les villes de Torreón, Gómez Palacio et Ciudad Lerdo sont réunies et forment désormais une unité géographico-administrative à part entière nommée "La Laguna".


"Waouh, tu es au bord de l'eau ?" me demanderez-vous alors à juste titre.
Et bien non, pas vraiment...

Un fleuve a coulé dans la région, jadis avant longtemps. Il en reste encore le nom "Rio Nazas", noté sur toutes les cartes, il reste aussi les auto-ponts mais on peut maintenant rouler en-dessous : le lit de la rivière est devenu une route.
Je vous ai trouvé une photo de l'état normal (avec de l'eau) :
Les deux auto-ponts, toujours utilisés aujourd'hui. Notez la grande croix jaune en bas à gauche.
La même croix jaune vue depuis le "Rio" asséché devenu une route.
D'après les informations que j'ai glanées jusqu'à présent, un barrage a été construit en amont du fleuve il y a plusieurs décennies. Tous les dix ans, le barrage est ouvert afin de laisser la nature reprendre provisoirement son cours, ce qui détruit par la même occasion tout ce qui a été construit dans les dix années passées (habitations, commerces, etc). 
Le prof de japonais de l'université où j'enseigne se souvient de ce grand moment, il y a cinq ans, alors qu'il venait d'arriver : ses élèves sont entrés dans la salle presque en transe, criant "Il y a de l'eau dans la rivière !" Et lui, bien sûr, trouvait leur réaction un peu étrange... Depuis, n'ayant pas revu d'eau sous les ponts, il a compris.

Ce qui est assez étrange, c'est que Gómez Palacio, qui est à 10 minutes en voiture de chez moi, de l'autre côté d'une rivière à sec et dont aucun panneau ne marque l'existence, est aussi dans un autre état. Je traverse donc la frontière deux fois par jour et passe de l'état de Coahuila où j'habite à celui de Durango où je travaille.
Le point rouge c'est ma maison, l'encadré localise l'université où je travaille.

Rien d'extraordinaire semble-t-il. 
C'est sans compter sur les dizaines de pick-up et 4x4 noirs transportant le plus grand pourcentage de flics au mètre carré que j'ai jamais vu. Changement d'état oblige, ils arrêtent un maximum de voitures et vérifient papiers et contenu. Heureusement, nous nous déplaçons en taxi (immatriculé à Torreón) donc nous échappons à cette fouille peu amusante.




Voici pour l'introduction générale, la suite au prochain épisode !!

2 commentaires:

  1. Voilà un terrain fertile pour de nombreux articles!!

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  2. C'est fou cette histoire ! Comme quoi l'expression "de l'eau a coulé sous les ponts" est justifiée....

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